dimanche 1 juin 2014

INFO : DETTE PUBLIQUE - QU'EST CE QUE C'EST ? QUELLES SONT LES REPONSES POSSIBLES ? UN SYSTEME REPRESENTATIF A BOUT DE SOUFFLE !

Parmi les flux d'informations dont nous sommes destinataires chaque jour par médias interposés, certaines sont à la fois brèves et importantes, c'est à celui qui les reçoit de se faire une opinion.
Régulièrement, je tenterai d'opérer une sélection, parce que moi-même je ressens un besoin de lumière et de clarté sur les questions importantes et parce qu'il est essentiel d'avoir une vision personnelle, politique et citoyenne sur les problèmes majeurs qui se posent aujourd'hui à nos sociétés.

LA DETTE PUBLIQUE DE LA FRANCE

 
Info brute :
dette publique de la France en début mars 2014 
=
1 880 milliards d'euros
 

 
" La dette souveraine constitue le problème de politique publique le plus urgent et le plus difficile que les économies avancées aient à affronter."
Jean Pierre Landau, ancien sous-gouverneur à la Banque de France


Rappel de quelques notions :

  • dette publique, déficit public ?

La dette publique comprend les dettes
- de l'Etat,
- de la sécurité sociale
- et des collectivités territoriales.
La dette est le total des engagements financiers de l’Etat.

Elle résulte du cumul
- des besoins de financement de l’Etat, c’est-à-dire de la différence, année après année, entre ses produits (recettes fiscales, produits de privatisations, etc.)
- et ses charges (dépenses budgétaires, prises de participation, etc.)"

Le déficit public est la différence entre les recettes fiscales et les dépenses publiques, Il inclut dans ces dernières le recours à l'emprunt qui équivaut à un cumul des besoins en capital nouveau, mais aussi en intérêts à payer sur la dette existante.

La question qu'on peut se poser est : qu'est ce que représente une somme de 1880 milliards d'euros ?
Cela représente une dette par Français (tous âges confondus) de 27 870 euros (chiffres de juin 2013.

  • Et les autres pays européens ?
En août 2011, les chiffres étaient les suivants :

Irlande : dette publique de 148 milliards d’euros.
Portugal : dette publique de 160 milliards d’euros.
Grèce : dette publique de 328 milliards d’euros.
Espagne : dette publique de 638 milliards d’euros.
Italie : dette publique de 1843 milliards d’euros.
Allemagne :  dette publique de 2079 milliards d’euros.

La France bien sur n'est donc pas le seul Etat à être concerné par la question de la dette, à s'être endetté sur les marchés financiers nationaux et internationaux.

  • Comment sortir de cette situation ?
 Telle est la question qui est posée à tous les gouvernants d'Europe  (et du monde)aujourd'hui et aux gouvernants français en particulier, mais aussi et surtout à tous les citoyens, à chacun d'entre nous, car derrière les mandats des politiques, il y a les citoyens.
 
Quelles sont les solutions envisageables ?
 
Pour schématiser, aujourd'hui il y a deux types de réponses possibles :
 
- les réponses comptables, économiques et financières (en apparence seulement car elles sont aussi politiques !), comment revenir à un meilleur équilibre en serrant la vis des Français ( tous, une partie seulement) et en réalisant des économies budgétaires pendant des années et des années - cette approche n'est pas acceptable dans la durée car elle génère la récession, un déficit des recettes publiques et en fin de compte une dette qui ne fera que s'accroître au fil des ans... Elle nous conduit droit dans le mur.
 
- des réponses politiques : ... et d'abord, la question de la dette publique est-elle bien posée ? Les chiffres donnés sont ils incontestables, ne cachent-ils pas une situation moins préoccupante ? Ne peut on pas agir différemment en terme de politique monétaire ? Et les créanciers dont à 70% sont des investisseurs non-résidents : qui sont ils ? Ne peut-on pas agir dans cette direction ? Ne peut-on pas sortir la dette des mains des marchés financiers par des politiques volontaristes ? La Banque de France ne peut-elle pas jouer un autre rôle que celui qu'elle joue aujourd'hui ? Ne peut-on pas jouer plus efficacement sur les taux d'intérêt ?
Et en définitive ne peut-on pas remettre en cause la connivence évidente entre les marchés financiers et les politiciens professionnels ?  Il faut redonner le pouvoir aux citoyens et remettre en cause le système représentatif tel qu'il fonctionne aujourd'hui.
Ne peut-on pas mettre en place un système institutionnel plus démocratique ?
Que signifie une démocratie où 57% des citoyens en âge de voter s'abstiennent et notamment une majorité de jeunes ?

L'innovation politique s'impose, cela évitera un retour aux vieilles habitudes protestataires qui risquent de nous conduire on ne sait où ?

lundi 3 février 2014

BEAU LIVRE : "LE RIVAGE, Une épopée indochinoise" de TIANE DOAN NA CHAMPASSAK. Edit. SEUIL 2008

Dès que mon œil s'est posé sur la couverture de ce livre, je n'ai pu m'empêcher de le prendre dans mes mains et de le feuilleter.



C'est un livre avec peu de textes et beaucoup de photos.
Mais  la grande originalité du livre réside dans la dualité des photos.
Notre regard s'arrête sur des photos jaunies, qui ont été prises au début du XXe siècle (1913 exactement) et jusqu'au milieu des années 30, par une certaine Mathilde Hossenlopp, femme d'origine alsacienne, mariée à un annamite, Raymond Doan Vinh Thuan, un avocat de Saïgon. Le petit fils de ces deux personnes, Tiane Doan Na Champassak, photographe professionnel, a eu l'idée géniale d'entreprendre un voyage au Vietnam et au Cambodge en 2006, de prendre une multitude de photos et de confronter certaines d'entre elles à celles prises par Mathilde 70 ou 80 ans avant.

L'idée m'a beaucoup séduit en comme de surcroit le livre est préfacé par Jean Lacouture, je me suis empressé d'en faire l'acquisition. Dès que je suis rentré chez moi je l'ai littéralement dévoré de la première à la dernière page.
Parmi les photos qui m'ont le plus marqué, celle prise par Mathilde depuis le paquebot arrivant à Saigon, celle du navire des Messageries Maritimes et toutes celles qui ont pour cadre la maison de Can Tho où vivait la famille de Mathilde et de Raymond.
Les photos récentes (2006) du petit-fils cherchent à retrouver l'atmosphère qui a inspiré sa grand-mère, mais y arrive-t-il vraiment ?

Le Vietnam d'aujourd'hui a d'autres ambitions que de  conserver des images du passé.
Ce constat ne fait que corroborer celui que je fis lors de mon dernier voyage, inutile de rechercher les effluves exotiques laissées par ceux qui ont jadis colonisé ce pays, même si sous de nombreux aspects, la présence de la culture française peut être détectée.
Le Vietnam d'aujourd'hui et de demain n'appartient qu'à lui.

Mais en même temps rien ne peut nous empêcher de rêver !

Un très beau livre avec d'émouvants clichés du delta du Mékong.

extraits du livre :

"Au cours de l'été 2005, je découvris dans le grenier de ma maison familiale une mallette dans laquelle se trouvaient quelques boîtes anciennes pleines de plaques photographiques. Je n'ignorais pas l'existence de ces clichés remontant au début du XXe siècle, mais c'était la première fois que je les avais sous les yeux et que j'eus la patience de les regarder sérieusement. Le moment était venu de porter à la lumière une formidable épopée en images alors que je croyais ne tomber que sur de simples photographies de souvenirs comme il y en a dans toutes les familles. Le plus surprenant fut de constater que l'auteur de ces clichés, ma grand-mère paternelle, travaillait comme une véritable professionnelle, faisant non seulement grand cas du cadrage, de la lumière et de la composition, mais aussi des tirages qu'elle développait elle-même. Loin de se contenter des classiques portraits familiaux, Mathilde Hossenlopp, devenue par son mariage Madame Doan Vinh, a photographié l'Indochine où elle est allée vivre à partir de 1913 et où mon père est né trois ans plus tard. Les photographies qu'elle a laissées ont fixé pour la postérité une époque révolue, celle de l'Empire français d'Extrême-Orient, qui n'aura pas même duré un siècle. Le choc que je ressentis en visionnant ces plaques au puissant pouvoir évocateur me détermina à faire un voyage au Vietnam sur les traces de ma grand-mère et de sa famille dont je n'ai malheureusement connu que mon père. Ce dernier, peintre talentueux, avait d'ailleurs exécuté une série de tableaux inspirés des photographies de sa mère. Une grande toile ornait autrefois ma chambre lorsque j'étais enfant : elle représentait la femme à la palanche avec le bébé assis sur un des plateaux (page 38) et elle provoquait déjà en moi bien des rêveries, dont celle de connaître ce pays fantastique où l'on porte les enfants de la sorte ! Le voyage fut programmé pour août 2006 et, dans le courant de cette année-là, je me remis à lire attentivement deux ouvrages écrits respectivement par mon grand-père et mon oncle : L'Indochine autonome et parlementaire et Ancestral Voices."

vendredi 23 août 2013

CARNETS DE VOYAGE AU VIETNAM - AVRIL 2013 : LA BAIE D'HA LONG


Arrivés le 5 avril au soir à Hanoi, nous quittons tôt le lendemain matin notre hôtel pour nous rendre à la baie d'Ha Long. Un minibus vient nous chercher, il y a trois autres passagers, je respire car je déteste les voyages en groupe et en particulier avec des groupes importants. Le temps est gris, il a fait de la tempête dans le Nord la nuit dernière, les bateaux n'ont pas été autorisés à passer la nuit en mer. Mais on nous apprend que ce soir il ne devrait pas y avoir de problème, les bateaux pourront jeter l'ancre dans la baie pendant la nuit. Il faut dire que depuis les naufrages survenus en baie d'Ha Long en février et en mai 2011, des mesures de sécurité draconiennes ont été prises. Pour le gouvernement l'enjeu est important, la baie d'Ha Long est le site le plus visité du Vietnam.

 
Nous faisons le voyage avec trois autres passagers, une américaine d'origine indonésienne et son mari, et un jeune étudiante, américaine également.

Une route très encombrée et pénible nous conduit sur jusqu'à un nouveau port touristique,  je ne reconnais plus rien. Au lieu du joyeux foutoir où s'entremêlaient des milliers de bateaux, qu'il fallait rejoindre en escaladant des passerelles et des ponts, il y a maintenant un bassin ultra-moderne situé au bout d'une marina déserte d'où partent les bateaux ou les canots qui permettent aux passagers de rejoindre leur navire. Il parait que le ministre du Tourisme du gouvernement vietnamien (ou un haut fonctionnaire) parti en voyage à l'étranger, a constaté que la plupart des bateaux de tourisme étaient de couleur blanche. La décision a donc été prise de rendre obligatoire à compter du mois d'avril 2012, la couleur blanche ou acier pour tous les bateaux de tourisme naviguant dans la baie. Donc finis maintenant les belles coques en bois surmontées par des voiles. C'est à la fois triste et dommage, car aucun argument sérieux ne justifiait un tel changement.

Nous prenons place sur notre bateau, on nous donne la clé de notre cabine, maintenant commence le temps de l'observation, de la rêverie et de la découverte d'un paysage exceptionnel. Un absent de marque cependant, le soleil !
 
 
Au cœur de la baie, sur une superficie de 1500 km2, 1969 ilots constitués de pitons rocheux en pierre karstique forment un véritable dédale d'une beauté grandiose.

(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013
 
(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013
 
(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013
 
 
Notre séjour sur le bateau se passe sans problème, nous nous retrouvons avec des français, ce qui permet de discuter et d'échanger des points de vue sur le Vietnam. Le soir nous nous essayons à la pêche au calamar.
 
(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013
 
Le lendemain très tôt est organisé sur le pont supérieur un cours de Tai Shi.

Un peu plus tard nous visiterons une crique magnifique, en canot.
 
(c) A. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013
 
(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013
 
(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013
 

(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013


Nous avons cependant failli saborder un autre bateau rempli de japonaises qui faisaient hurler de la musique rock dans un lieu aussi magique. Devant le tollé général, elles ont fermé leur engin de malheur, mais elles ont gardé le sourire, tout étonnées de la réaction de notre groupe.
 
(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013



Après cet épisode plutôt amusant; qui en dit long sur la culture des peuples, nous regagnons notre bateau.

Précisons que pendant la journée et demie où nous séjournerons sur le bateau, on nous servira nombre de repas très corrects, à tel point qu'on a l'impression que c'est le but premier du voyage.
 

 
 

 
 
 
 
 



(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013
 

 

(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013
 


(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013
 
 
 (c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013

 

(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013
 
 
(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013

 

7 avril 2013 : Retour de la baie d'Ha Long - Les mystères de la laque

Le retour  à Hanoi est toujours aussi fastidieux. Nous retrouvons les américains du voyage aller. En cours de route nous achetons un tableau en laque et Anne se fait expliquer comment on crée des tableaux ou des objets en laque.

 



- La première opération consiste à choisir le support de bois ou de bambou.

Puis on commence par une couche de poudre de terre, mélangée dans la résine de la laque brute, qu'il faut ensuite laisser sécher.

Le peintre ajoute alors une couche de poudre de bois, également mélangée avec la résine noire, et colle une couche de coton très fine sur les deux faces du panneau.  Après le séchage, il faut réaliser encore une dizaine de couches de laque brute, laisser sécher et poncer chaque couche, pour obtenir enfin un support lisse et plat.

- Après ce premier travail on laisse bien sécher par aération naturelle; à noter que la laque à la propriété de sécher et de durcir dans une atmosphère naturellement chaude et humide (propice donc en climat tropical humide).

- Ensuite c'est le polissage du panneau, on  l'effectue en maintenant celui-ci toujours mouillé par aspersion continue d’eau tout en le frottant au moyen de papier de verre et du « nang mùc » (os de seiche). Cette opération est à répéter jusqu’à ce que le panneau soit poli et brillant. C’est sans aucun doute le travail le plus.     

Le temps est un facteur essentiel dans la réalisation d'une laque. Il faut en moyenne trois-quatre mois pour terminer un tableau. En général, les peintres travaillent sur croquis plusieurs laques à la fois et se font aider par des artisans laqueurs. Paradoxalement, l'humidité est nécessaire au séchage de la laque.

 Pour un tableau décoré de nacres on effectue sur celui-ci un traçage du périmètre des éléments décoratifs à apposer par un léger piquetage de la surface du panneau. Après découpage et ciselure les différents petits éléments de nacre sont appliqués et collés sur le tableau selon les sujets désirés (personnages, animaux, fleurs…).

Mais on utilise maintenant très souvent à la place de la nacre des fragments de coquilles d’œufs écrasés. Les petits morceaux sont appliqués et collés sur le tableau de la même manière que pour les éléments en nacre

 - Ensuite le tableau est recouvert de trois couches de laque noire en veillant à faire réapparaître après chaque couche les éléments décoratifs en nacre ; chaque couche doit être bien sèche avant d’être à nouveau frottée. La décoration du tableau est ensuite complétée par application de la laque colorée, la réalisation des dessins pour le fond et le cas échéant par la projection de poudre d’or. Quand le panneau est sec à nouveau on y étale trois couches finales.

 - Enfin arrive la dernière opération qui consiste à rendre le tableau le plus brillant possible en utilisant une poudre végétale. On frotte toute la surface du tableau avec la paume des deux mains nues jusqu’à la brillance souhaitée. On applique alors une couche de vernis transparent complétant l’illusion du relief et rendant les décors très brillants. 
(D'après http://www.asie-laque.com/Laque_Vietnamienne.htm)

CARNETS DE VOYAGE AU VIETNAM - AVRIL 2013 - HUE : LE PONT TRANG TIEN ET LA CITADELLE

  • Le pont Trang Tien, ex-pont Clémenceau
Ce pont métallique qui enjambe la fameuse rivière des Parfums, relie la nord et le sud de la ville est à l'origine l'œuvre de Gustave Eiffel, comme le pont Long Bien de Hanoi, il a été construit en 1897.
Il a subi de gros dégâts lors du typhon de 1904. Il a été reconstruit et depuis a été l'objet de plusieurs restaurations.
Lors de la dernière guerre du Vietnam, en 1969, deux de ses arches ont été détruites. La dernière grosse réparation date de 1991.
 
 
 (c) G. Morin - Vietnam - Hué, avril 2013
 
Depuis notre fenêtre de l'hôtel Saigon Morin, nous avons une vue directe sur le pont.
 
  (c) G. Morin - Vietnam - Hué, avril 2013
 
  (c) G. Morin - Vietnam - Hué, avril 2013
 
Nous l'avons également parcouru à pied dans les deux sens, comme d'habitude en plein midi, au moment de la plus forte chaleur. Expérience intéressante, car elle m'a permis de jouer à cache-cache avec les motos et les vélos.
 
 
  (c) G. Morin - Vietnam - Hué, avril 2013
 
  (c) G. Morin - Vietnam - Hué, avril 2013
 
 (c) G. Morin - Vietnam - Hué, avril 2013
  (c) G. Morin - Vietnam - Hué, avril 2013
 
  (c) G. Morin - Vietnam - Hué, avril 2013
 
 
  (c) G. Morin - Vietnam - Hué, avril 2013
 
Il est réservé aux motos et aux piétons aujourd'hui.
 
  (c) G. Morin - Vietnam - Hué, avril 2013
 
 
  • La citadelle de Hué
 Il y aurait bien sûr beaucoup à dire sur la citadelle et la cité impériale, mais en ce qui concerne, cette fois-ci, la visite a été assez rapide. Initialement, nous avions prévu en effet de passer une journée à l'intérieur de la cité impériale, malheureusement l'aéroport de Hué étant fermé pour cause de travaux, nous avons dû louer une voiture pour nous rendre à l'aéroport le plus proche, celui de Danang. Ce qui explique que notre séjour a été écourté.
 
  (c) G. Morin - Vietnam - Hué, avril 2013
 

 (c) G. Morin - Vietnam - Hué, avril 2013

jeudi 22 août 2013

RECETTE DE CUISINE TESTEE : LOTTE ROTIE A LA SAUCE AU VIN BLANC ET A L'ECHALOTE


 

Lotte


 Avant de faire cette recette, sachez que la lotte n'est pas un poisson bon marché. Mais c'est un mets succulent et sans arêtes. 

La recette est facile à faire.

 
Ingrédients pour 6 personnes

- 1 lotte de 1,6 kg, préparée par le poissonnier
- huile d'olive
- 6 ou 8 gousses d'ail selon épaisseur
- gros sel
- poivre


 
Préparation et cuisson 

. déposer la lotte (ou les lottes, si vous en avez deux) sur une planche

. préparer les gousses d'ail et l'huile d'olive

. préchauffer le four à 170°
. verser l'huile d'olive dans une poêle avec gousses d'ail en chemise
. après 2 à 3 minutes, poser la lotte dans la poêle et la faire dorer sur toutes ses faces


. mettre au four dans un plat pendant 15 minutes environ (170°) la lotte et l'ail

. arroser régulièrement la lotte avec le jus de cuisson
. en sortant la lotte du four, napper avec la sauce au vin blanc


. servir bien chaud avec une purée à l'huile d'olive

Sauce à l'échalote et au vin blanc



Ingrédients pour 6 personnes

- une poignée d'échalotes
- huile d'olive
- un vin blanc sec, 1 verre ou plus
- 30 cl de crème épaisse

- moutarde de Dijon (forte ou mi-forte)
- sel
- poivre



Préparation et cuisson

. peler et émincer les échalotes
. faites les revenir dans de l'huile d'olive à la poêle jusqu'à ce qu'elles dorent
. retirer la poêle du feu et verser le vin blanc généreusement


. reprendre la cuisson
. lorsque la préparation est bien chaude, verser la crème fraîche avec le sel, le poivre et la moutarde


. faire réduire la préparation
. lorsque la sauce a une belle consistance, versez-la avec précaution sur le rôti de lotte


. recouvrir d'un papier alu pour conserver la chaleur et le goût, four ouvert jusqu'au service

CARNETS DE VOYAGE AU VIETNAM AVRIL 2013 : LES TOMBEAUX IMPERIAUX PRES DE HUE


Après une heure de navigation sur la rivière le bateau nous laisse à un endroit où nous attendent deux motos l'une pilotée par Hung, l'autre pilotée par un jeune homme. Nous enfilons chacun un casque trop petit pour nous et qui manifestement ne nous protègera en aucune manière en cas d'accident.

La journée sera consacrée à la visite d'une grande partie des tombeaux des empereurs de la dynastie Nguyen.

Avant d'entamer cette visite, parcourons la liste des empereurs.

La dynastie Nguyen est la dernière dynastie impériale vietnamienne. Treize empereurs se sont succédé entre 1802 et 1945.
Pour mieux se repérer, voici la liste des empereurs Nguyen avec les dates de leur règne.


  1. Gia Long (1802–1820)
  2. Minh Mang (1820–1841)
  3. Thieu Tri (1841–1847)
  4. Tu Duc (1847–1883)
  5. Duc Duc (1883), frère de Tu Duc (règna 3 jours et fut destitué et emprisonné avant de mourir de faim dans sa cellule)
  6. Hiep Hoa (1883) (règne 4 mois et se suicide à l'opium après son abdication imposée par les co-régents)
  7. Kien Phuc (1883–1884) (accède au trône à 15 ans, éliminé 6 mois après par les deux régents)
  8. Ham Nghi (1884–1885) (empereur à 16 ans, résiste contre les Français, déporté en Algérie en 1889, décède en 1944)
  9. Dong Khanh (1885–1889) (frère ainé du précédent, mis en place par les Français)
  10. Than Thai (1889–1907) (fils de Duc Duc, accède au trône à 10 ans avec le soutien des Français, abdique en 1907 sous la pression des Français pour motif de folie, décède en 1954)
  11. Duy Tan (1907–1916) (fils du précédent, empereur très jeune, il est destitué et exilé par les Français avec son père à la Réunion, meurt en 1944 dans un accident d'avion)
  12. Khai Dinh (1916–1925)
  13. Bao Dai (1926–1945 et 1949-1955)

 
Voici dans l'ordre de visite une brève présentation des souverains et des tombeaux que nous avons visités.
 
- Tu Duc (1847–1883)
 
 
Né en 1829, le fils de Thieu Tri succéda à son père et régna pendant 35 ans sur le Viet Nam entre 1847 et 1883. La succession ne fut pas aisée, les mandarins s'y opposèrent. Ils préféraient le frère de Tu Duc, Ho Quang Bao, l'ainé des deux, qui semblait plus apte à gouverner. Finalement ce dernier, considéré comme plus imprégné de confucianisme, fut désigné par son père et l'emporta.
Une fois au pouvoir, Tu Duc eut à faire face à des rebellions intérieurs et à des infiltrations de pirates en provenance de Chine. L'empereur, qui était ce que l'on appellerait aujourd'hui un conservateur, chercha à fermer son pays à toute influence extérieure. Il cultivait un goût pour la poésie et la politique n'était guère sa préoccupation principale, ainsi que le sort de son peuple.
En 1858, l'exécution de missionnaires occidentaux provoque une expédition punitive franco-espagnole.
En 1859, les Français occupent Saigon que l'armée vietnamienne essaie de reprendre, ce qui entraîne une intervention française. En 1862, Tu Duc est contraint de céder à la France, par le traité du 5 juin, les provinces orientales de Cochinchine, puis, en 1867, la Cochinchine occidentale.
Tu Duc meurt sans laisser de descendance. Cette situation va engendrer une instabilité dans la gouvernance du royaume, cinq empereurs se succèdent en l'espace de deux ans.
En définitive c'est Dong Khanh qui accède au trône, mais il mourra au bout de quatre ans de règne.

- Le tombeau de Tu Duc
C'est sous son règne que commença la colonisation française. Cet homme était à la fois un poète et un sanguinaire sans aucuns égards pour ses sujets. C'est le 4ème empereur dans la lignée des Nguyen. Selon moi c'est celui qui a choisi le plus bel endroit pour implanter son palais et son mausolée.
Le lac au bord duquel se trouve le pavillon de pêche et des banquets est un endroit particulièrement romantique qui incite à la méditation. Evidemment à l'heure de notre visite, en fin de matinée, il est clair que nous cherchons plutôt à nous rafraichir qu'à méditer, mais tout est relatif.
 
(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013
 
Le parc où est situé le mausolée est d'une grande beauté, il contient de multiples espèces d'arbres que nous avons beaucoup de mal à identifier : les frangipaniers, des jacquiers, les longaniers, des litchis, des arbres à durian…

(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013

Comme dans tous les palais des empereurs, plusieurs bâtiments étaient réservés aux femmes du souverain et en particulier à ses concubines.
(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013
Nous visitons le palais sous un soleil de plomb, la cour d'honneur est majestueuse, entourée de très belles salles avec des structures en bois.
 
(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013
 
(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013
 
(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013
 
 
Dans l'une des salles, on se prend à rêver au temps où le palais était habité.
(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013
 
 
- Dong Khanh (1885-1889)

Nous reprenons les motos sous un soleil toujours plus chaud pour nous rendre au tombeau de Dong Khanh situé à quelques centaines de mètres. Mais, nous faisons chou blanc car le site est en rénovation. Bien sûr cela n'est indiqué sur aucun des guides et l'agence ne nous a rien dit non plus. Dommage, mais il me semble bien être venu ici en 2007. Il faudra que je recherche dans mes archives.

Quelques mots quand même sur cet empereur éphémère.

Dong Khanh


C'était le neveu de Tu Duc, il a régné seulement pendant quatre ans entre 1885 et 1889. Sa désignation a reçu l'aval des Français. Mais dans le royaume, on voulait faire de l'empereur un symbole de la résistance. Le temps n'aura pas laissé la possibilité à cet empereur de s'exprimer durablement au plan politique. Quant à son caractère, il est souvent décrit comme brutal et vaniteux. Il mourut emporté par une crise de paludisme.
Il est le père de l'empereur Khai Dinh

Nous enfourchons à nouveau les motos un peu déçus par cet fermeture du site. Nous traversons la campagne en empruntant un dédale de petits chemins de terre, c'est un peu sportif, mais très agréable, car la nature est foisonnante.  Les chemins sont bordés d'arbres et souvent de maisons ce qui nous met à l'abri du soleil. A cinquante deux ans, Haung pilote sa moto au moins aussi bien que le jeune homme derrière lequel je suis monté et qui n'est ni bavard, ni véritablement sympathique. A l'arrière de la moto j'éprouve quand même certaines difficultés pour me tenir en équilibre. Avec ma main droite j'essaie d'agripper la poignée située derrière la double-selle, dans mon dos. De surcroît, mon casque trop petit n'arrête pas de partir en arrière tandis que mes lunettes de soleil ont tendance à glisser jusqu'au bout de mon nez. Si je veux remettre un peu d'ordre dans tout cela, il ne me reste que ma main droite de libre et il faut que je choisisse le bon moment, c'est-à-dire le court instant où il n'y a ni bosse, ni nid de poule, ni virage en angle droit, sous peine de perdre mon équilibre et de me retrouver les quatre fers en l'air. Parfois, un camion vrombissant et crachant une intense fumée noire avance lentement et  nous barre la route, peu importe Haung et son acolyte n'en font qu'une bouchée. C'est un peu risqué, mais oh combien jouissif, cela nous change de la vie de bureau et du métro parisien.
 
 
 
- Thieu Tri  (1841-1847)
Cet empereur est le 3e souverain de la dynastie des Nguyen. Il est le fils aîné de l'empereur Minh Mang et le père de Tu Duc. Il règne du 14 février 1841 à sa mort le 4 Novembre 1847.
C'était un fin lettré et un amateur de poésie. Au plan intérieur, il a poursuivi la politique de son père qui fut un souverain apprécié. C'est sous son règne que le Viet Nam a connu sa plus forte expansion avec l'intégration de la Cochinchine, cédée par le Cambodge en 1846.



- Le tombeau de Thieu Tri

Aujourd'hui, le site où est construit son tombeau est quasiment à l'abandon, cela lui donne un charme certain, d'autant plus que peu de visiteurs sont présents.
Nous arrivons par la droite du site. Nous escaladons une sorte de colline qui donne accès à un temple. Une partie est restaurée tandis que l'autre est à l'abandon.
Nous redescendons à travers bois vers le lac qui entoure le mausolée, le tombeau lui-même se situant sur un monticule à droite, mais il ne se visite pas.
Le soleil est au zénith et malheureusement nous cherchons plus à nous abriter du soleil qu'à admirer la beauté de l'architecture du site.
Nous laissons derrière nous le tombeau érigé sur la colline de la Concorde pour accéder au mausolée. pour ce faire il nous faut emprunter l'une des trois passerelles conduisant à l'escalier majestueux permettant d'accéder au mausolée. Nous empruntons le pont central, celui réservé à l'empereur, comme il se doit.


(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013

J'observe une nouvelle fois  l'importance du symbolisme trinaire, mais aussi la volonté qu'avaient les souverains d'affirmer leur pouvoir en limitant les accès aux lieux où ils vivaient et où ils reposaient. La présence d'escaliers majestueux laissait aussi aux visiteurs autorisés le soin de méditer sur la puissance du monarque et sur son rang parmi les hommes.


(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013


Après une halte sous un grand arbre nous nous lançons dans l'exploration du mausolée. Rien d'extraordinaire si ce n'est quelques tableaux et dehors dans la cour située de l'autre côté les statues et les statues majestueuses des mandarins, des soldats et des animaux.

 
(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013



- Khai Dinh (1916 - 1925)




(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013


Cet empereur régna de 1916 à 1925. C'était le fils de Thieu Tri et le père du dernier empereur Bao Dai. Khai Dinh n'a pas laissé un grand souvenir. Il a en particulier laissé faire les Français en matière de politique intérieure et il s'est contenté d'une vie fastueuse aux dépens de son peuple. Ses goûts de luxe et son esprit vaniteux transparaissent lorsqu'on visite son tombeau. Ce souverain ne fut pas aimé par son peuple.

Khai Dinh, marié à la reine Doan Huy Hoang Thi Cuc, est le père du dernier empereur, adoubé par les Français, Bao Daï, qui mourut en 1997 au Val de Grâce à Paris. Avec Bao Dai se termine le règne des empereurs Nguyen.

Le 6 juin 1954, un mois après Dien Bien Phu, Ngô Dinh Diêm - favorable à la république - est nommé Premier ministre. Avec l'appui des Américains, l'homme s'impose dans la partie sud du Vietnam située en dessous du 17e parallèle à la suite des accords de Genève signés le 20 juillet 1954. Le 23 octobre 1955, Bảo Đại est destitué et la République proclamée à la suite d'un référendum truqué organisé par Diệm qui triomphe avec 98 % des voix.

 
- Le tombeau

Les motos nous déposent au bas d'un gigantesque escalier conduisant au mausolée de cet empereur, fils de Dang Khanh. Je connaissais déjà le site, mais Anne semble très étonnée par l'ampleur de l'édifice.

(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013


(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013

Ce monarque a fait construire en effet l'une des plus surprenantes tombes impériales. Construite en béton, elle mélange aux éléments traditionnels vietnamiens (comme des dragons) des éléments d'architecture française de style art déco.


Il se présente sous la forme d'un quadrilatère adossé au mont Chau Chu. On accède au mausolée par un immense escalier orné de dragons sur les côtés.
La premier palier est bordée de pavillons de garde. Le second est paré de statues d'une garde d'honneur de douze soldats avec des mandarins, des éléphants et des chevaux sur le modèle des statues du tombeau de Thieu Tri. A ce niveau également est située la stèle sur laquelle on peut observer des idéogrammes glorifiant les mérites de l'empereur : à tout seigneur, tout honneur comme dit le proverbe.

Le mausolée est situé au somment d'un gigantesque escalier donnant accès à plusieurs paliers. En plein midi c'est une véritable gageure d'escalader les marches très hautes, de plus en plus hautes mêmes qui donnent accès aux différents niveaux.

Au sommet se situe le mausolée à proprement parler avec des salles décorées d'une manière très kitsch.
Les plus beaux effets de ce goût artistique à nul autre comparable se trouve sans conteste dans la salle même du tombeau, là où se situe, tel une pharaon, une immense statue en bronze du souverain.

 

(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013

 
 
(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013
 


(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013





(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013


Il nous reste à voir ensuite le dernier tombeau situé sur l'autre rive de la rivière des Parfums. Les motos nous conduisent jusqu'à l'entrée du site après avoir franchi un pont et une grande route en construction.






- Minh Mang (1820-1841).
C'est le plus jeune fils de l'empereur Gia Long. Ardent défenseur du confucianisme, il sera un farouche opposant à la France et il persécutera les chrétiens. Il s'oppose systématiquement à toute relation avec l'Occident.
C'est le père de Thieu Tri.
Minh Mang est un grand bâtisseur. On lui doit un développement important du bâti de la Cité Impériale et de la Cité Interdite de Hué. Son tombeau est également un des plus remarquables.


 
- Le tombeau de Minh Mang
En pénétrant dans l'enceinte de ce dernier mausolée, nous prenons un coup de chaud. Nous nous abritons sous un grand arbre, adossés au parapet d'un petit pont qui enjambe un lac des plus romantiques sur lequel semblent posés par un doigt divin des nénuphars et des lotus.
(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013
 
 
(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013
 
L'architecture du site correspond à celle d'un corps étendu avec la tête sur les montagnes et les pieds dans la rivière des Parfums. L'ensemble s'organise sur un axe de 700 m, le long duquel se succèdent  35 monuments, palais, pavillons, ponts, canaux et lacs.
 

(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013


A cette heure, il y a peut-être dix personnes qui visitent le site. Comme nous, elles ont l'air accablées par la chaleur. Il est 12h30. Je prends mon courage à deux mains pour grimper jusqu'au portique d'entrée donnant accès au temple, complètement restauré. Rien de très original par rapport à ce que nous avons déjà vu. Nous arrivons à saturation.


(c) G. Morin - Tombeaux impériaux - Hué, avril 2013


Heureusement le bateau n'est pas loin. Il nous attend. Nous retrouvons notre équipage : serviettes rafraîchissantes et boissons fraîches sont les bienvenues. La table est mise, nous n'avons qu'à nous asseoir. Nos hôtes sont toujours aussi souriants et prévenants, c'est très agréable.

Les mets préparés par Haung sont très acceptables et pendant notre absence, elle a eu la gentillesse d'acheter des bananes, sachant que nous aimions cela.
 

(c) G. Morin - Rivière des Parfums - Hué, avril 2013


Nous avons du mal à étancher notre soif. Le bateau repart à son rythme nous apportant ainsi de l'air un  peu moins chaud. Haung et Djiao nous demandent si nous souhaitons encore voir un tombeau. La réponse est négative. Nous préférons naviguer sur la rivière des Parfums jusqu'à Hué en contemplant les magnifiques paysages de la région avec les montagnes à l'horizon.

(c) G. Morin - Rivière des Parfums - Hué, avril 2013
 

(c) G. Morin - Hué, avril 2013

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