Ogata Shingo est le personnage central du livre.
·
Qui
est-il ?
Un vieillard de soixante deux ans (!), un homme malade de
tuberculose, un père de famille qui assiste au délitement d'un monde, celui du
Japon millénaire et de ses traditions, et à l'émergence tumultueuse d'une
société nouvelle de type occidental, celle dans laquelle vivent les personnages
plus jeunes qui l'entourent, ses enfants, leurs conjoints respectifs, d'autres
personnages encore qui gravitent autour d'une cellule familiale qui se détruit
peu à peu. Un homme lucide, qui a mené une vie banale et qui sent la fin
proche.
·
L'alerte
de la nature
Shingo est
obsédé par la mort. Il la sent proche.
" Que la nuit est profonde au clair de
lune ! Il la ressentait en lui, cette profondeur qui s'enfonce à l'horizontale,
jusqu'au lointain… Soudain le grondement de la montagne parvint jusqu'à Shingo…
Il ressemble ce grondement, à celui du vent lointain, mais c'est un bruit de
force profonde, un rugissement surgi du cœur de la terre. Comme il semblait à
Shingo qu'il ne résonnait peut-être que dans sa tête et pouvait provenir d'un
bourdonnement d'oreilles, il secoua le chef.
Le bruit cessa.
Alors Shingo fut effrayé.
Il frissonna comme si l'heure de sa mort lui
avait été révélée."
Le
grondement de la montagne est un signal. Que lui reste-t-il ? La jeune femme,
Kinuko, et la mort.
·
Une
relation à la nature qui nous est inaccessible, voire incompréhensible
L'heure du bilan approche. Shingo observe le monde qui l'entoure. Il cherche quelques points de repère bien fragiles qui s'incarnent tantôt dans des arbres, des pins, des cerisiers, des érables, des gingkos, dans des fleurs, les trounesols, tantôt des oiseaux, des insectes ou des animaux, des langoustines, des machaons, des cigales, une chienne etc. Nature à la fois proche et inaccessible dans laquelle se cachent encore les dieux kamis du shintoïsme. Comme beaucoup de japonais, Shingo est très attentif à la nature et à ses manifestations les plus infimes. Chez lui, chaque sentiment, chaque émotion trouve écho dans la nature. Est-ce là une attitude fondée sur la mythologie ? La nature est en lien étroit avec l'ordre social. Il existe un va et vient permanent entre la vie intérieure et le monde naturel.
L'heure du bilan approche. Shingo observe le monde qui l'entoure. Il cherche quelques points de repère bien fragiles qui s'incarnent tantôt dans des arbres, des pins, des cerisiers, des érables, des gingkos, dans des fleurs, les trounesols, tantôt des oiseaux, des insectes ou des animaux, des langoustines, des machaons, des cigales, une chienne etc. Nature à la fois proche et inaccessible dans laquelle se cachent encore les dieux kamis du shintoïsme. Comme beaucoup de japonais, Shingo est très attentif à la nature et à ses manifestations les plus infimes. Chez lui, chaque sentiment, chaque émotion trouve écho dans la nature. Est-ce là une attitude fondée sur la mythologie ? La nature est en lien étroit avec l'ordre social. Il existe un va et vient permanent entre la vie intérieure et le monde naturel.
- La conscience d'un monde en voie de disparition
Symphonie d'une déchéance inexorable, chaque jour plus lourde à assumer. Des compagnons de vie, qui disparaissent, des enfants qui sombrent socialement et psychiquement, une femme qui est là à ses côtés qui n'est pas la femme aimée jadis. Bref un monde nouveau dans lequel il n'a plus sa place.
Lucidité poignante et subtile de Shingo qui perçoit les moindres détails des vies qu'il côtoie, mais qu'il ne connaît pas et auxquelles il semble ne s'intéresser que par devoir, parce que c'est dans l'ordre des choses. Kinuko est l'incarnation fugace d'un idéal qui lui échappe à jamais, elle est ailleurs là où il ne peut plus aller, où il ne peut plus la rejoindre.
Pas de révolte, ni de soumission, un sentiment d'impuissance, devant les êtres et les relations qu'ils nouent entre eux. Shindo sait qu'il n'est que de passage.
A l'heure du bilan, Shingo, homme ordinaire et intelligent,
qui s'est construit sur les valeurs d'une société en voie de disparation, comprend
qu'il n'a fait que vivre dans un monde dans lequel les autres, et en
particulier ses proches, n'ont été pour lui que des étrangers alors qu'il
aspirait à des idéaux qu'il a sans doute cherchés mais qu'il n'a jamais atteints.
·
Le
dernier regard de Shingo
Finalement le grondement de la montagne, annonciateur de la
mort de Shingo n'incite il pas celui-ci à envisager les choses comme s'il les voyait pour la dernière
fois ?