mercredi 31 juillet 2013

CARNETS DE VOYAGE AU VIETNAM 31 MARS 2013 : HOI AN


A peine faisons-nous quelques pas dans le petit port de Hoi An que nous sommes totalement sous le charme. Après le vacarme et la pollution de Hanoï et de Saigon, c'est un vrai bonheur de flâner à pied dans les rues de la ville réservées aux piétons et aux vélos. Nous faisons une halte pour nous restaurer chez Miss Lil un endroit très agréable, où l'on mange un phô somptueux.

La ville construite à l'origine par des marchands chinois parait assez petite, en réalité elle compte plus de 120 000 habitants. Elles est posée au bord de la rivière Thu Phon qui va ensuite se jeter dans la mer de Chine.
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
 
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
 
Le point central est le marché, lieu d'échanges entre pêcheurs, paysans, habitants et ... touristes de passage. On y trouve de tout, des légumes, des agrumes, des poissons de la rivière et de la mer, de la viande et toute la quincaillerie imaginable.

(c) G. Morin - Hoi An - 2013


(c) G. Morin - Hoi An - 2013


A quelques mètres plus loin, un autre marché est spécialisé dans les tissus et les étoffes.

La particularité des marchés ici est qu'ils sont fermés et très sombres. Les marchandises sont ainsi à l'abri de la chaleur, du vent et de la poussière.
 
(c) G. Morin - Hoi An - 2013

Les tissus par exemple sont empilés les uns sur les autres dans des antres très étroites. La lumière est tamisée, les couleurs des étoffes se frottent les unes aux autres dans la pénombre jusqu'à ce qu'elles débordent les une sur les autres. Dans certains magasins, des femmes sont affairées sur de vieilles machines à coudre Singer qu'elles actionnent avec leurs pieds. Ces reliques d'une époque lointaine en Europe trouvent ici toute leur utilité.
Pendant toutes ces vacances, j'ai l'impression de retrouver ici tout ce que nous avons perdu chez nous du fait du développement et du progrès technique. Evidemment ce charme désuet a des effets qui ne sont pas tous très positifs, ainsi l'abondance des sacs en plastique de toutes les couleurs, les hideux fils électriques que l'on trouve partout dans les rues qui découpent le ciel des villes et des compagnes en milliers de morceaux, comme dans un puzzle.

Hoi An, c'est aussi l'omniprésence des arbres et des plantes. Pas une rue sans arbres, pas de maisons, pas de balcons sans fleurs ni plantes. Et le soir partout des lampions, des lumières, des guirlandes. On a l'impression que c'est une fête permanente.

(c) G. Morin - Hoi An - 2013
 

(c) G. Morin - Hoi An - 2013
 
 
Pour les européens que nous sommes, l'accès à la culture architecturale et picturale chinoise et vietnamienne n'est pas aisé. Néanmoins nous ne pouvons nous empêcher d'admirer les différentes pièces exposées dans les maisons et dans les pagodes. Les photos ci-après en donnent un léger aperçu.
 
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
 
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
 
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
 
(c) G. Morin - Hoi An - 2013

(c) G. Morin - Hoi An - 2013

Dans cette ville où il fait bon vivre, nous avons arpenté les rues en long et en large, n'arrivant à nous rassasier le l'atmosphère toute particulière de cette ville fille d'un très ancien métissage culturel et dans laquelle, même nous, nous nous sentons un peu chez nous. Sensation difficile à décrire ! J'avais exactement ressenti les mêmes impressions lors de mon premier séjour en 2007. Il y a un mystère du bien-être à Hoi An.
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
 
(c) G. Morin - Hoi An - 2013

Je reviens ici avec un très grand plaisir. Rien n'a vraiment changé au centre ville, si ce n'est qu'il y a plus de boutiques, et beaucoup d'entre elles sont certainement plus branchées qu'à l'époque. L'atmosphère est bien la même. Le soir, la ville est éclairée par des lanternes chinoises. Il n'y a pas une grande affluence en cette période de l'année.

Hoi An est vraiment une ville atypique. Historiquement elle est le fruit d'un formidable brassages de différentes cultures : cham d'abord, chinoise ensuite, japonaise, puis vietnamienne bien sûr et maintenant occidentale. C'est un endroit où l'on se sent dépaysé et en même temps totalement à l'aise. La mixité des cultures produit ici ce quelle a de plus séduisant.
(c) G. Morin - Hoi An - 2013

(c) G. Morin - Hoi An - 2013
 
Mais restons lucides, il ne faut pas non plus chercher à voir derrière les façades ou se promener dans les quartiers plus éloignés du centre. La vision serait moins idyllique.

Certes, la majorité des boutiques proposent des objets et des produits exclusivement réservés à une clientèle touristique. Toutefois la population de la ville n'a pas déserté le centre ville, il suffit de se rendre au marché ou après des embarcadères, sur le port.
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
 
(c) G. Morin - Hoi An - 2013

Il est maintenant 15h30. Je suis assis à la terrasse d'un café sur le port. J'observe les passants qui vont et viennent sur la rue qui longe la rivière, juste au niveau de l'embarcadère. Toutes les dix minutes environ un bateau chargé de motos et de vélos bien alignés sur le pont, de marchandises de toute nature et de passagers assis entassés au milieu de l'embarcation, quitte le port. Quatre hommes s'occupent du bateau, deux chargent les motos et les marchandises en empruntant une plate forme en bois posée entre le quai et le bord du bateau; un autre s'occupe du moteur et des manœuvres à la barre; un quatrième supervise le tout.
 
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
 
Assis à mon poste d'observation, je suis effaré par l'apparence des touristes occidentaux. Ils sont laids, ils sont gras, débraillés, à moitié nus et ils se comportent comme en pays conquis. C'est la première fois que je prends conscience du contraste flagrant entre la sveltesse des vietnamiens et l'aspect pachidermique, rouge violacé, dégoulinant des cohortes anglo-saxonnes. C'est affligeant !
Bon c'est vrai que nous en faisons partie. Mais quand on en prend conscience, on a envie de ne fréquenter que des vietnamiens ou des vietnamiennes, sobres, souples, souriants et toujours vêtus correctement. Même si certains hommes se raclent la gorge bruyamment, crachent par terre dans la rue, se mouchent dans leurs doigts ou éternuent aussi fort qu'un coup de tonnerre. Quant aux femmes, toutes ne sont pas aussi souriantes, certaines vous bousculent dans la rue sans s'excuser, d'autres enfin vous témoignent d'un mépris des plus glaçants, notamment lorsque vous n'achetez pas ce qu'elles vous proposent.
 
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
Dans le café, trois personnes sont assises : une serveuse, la mère de famille (peut-être) et un jeune homme qui vient d'arriver; après avoir garé sa moto juste devant les tables du café, il tente d'engager la conversation en anglais avec moi. Nous échangeons quelques mots. Quant au père de famille, probablement le gérant du café, il va, il vient… de temps en temps il sort de son café pour aller taquiner une jeune fille en appuyant sur le rebord de son chapeau vietnamien, celle-ci lui fait une remarque gentiment, il fait alors semblant de lui donner une gifle en simulant un regard méchant, ils se mettent à rire tous les deux. Devant moi, un chien microscopique semble perdu au milieu de la rue, une moto manque de l'écraser… quelques touristes observent l'animal d'un air curieux, ils prennent des photos. L'animal reste planté là dans une totale indifférence. Se rend-il compte seulement qu'il vient de frôler la mort ? Quelques instants plus tard il quitte les lieux en se dandinant. Intéressant non ?
(c) G. Morin - Hoi An - 2013

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