A peine faisons-nous quelques pas
dans le petit port de Hoi An que nous sommes totalement sous le charme. Après le vacarme et la pollution de
Hanoï et de Saigon, c'est un vrai bonheur de flâner à pied dans les rues de la
ville réservées aux piétons et aux vélos. Nous faisons une halte pour nous
restaurer chez Miss Lil un endroit très agréable, où l'on mange un phô
somptueux.
La ville construite à l'origine
par des marchands chinois parait assez petite, en réalité elle compte plus de
120 000 habitants. Elles est posée au bord de la rivière Thu Phon qui va
ensuite se jeter dans la mer de Chine.
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
A quelques mètres plus loin, un
autre marché est spécialisé dans les tissus et les étoffes.
La particularité des marchés ici
est qu'ils sont fermés et très sombres. Les marchandises sont ainsi à l'abri de
la chaleur, du vent et de la poussière.
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
Les tissus par exemple sont
empilés les uns sur les autres dans des antres très étroites. La lumière est
tamisée, les couleurs des étoffes se frottent les unes aux autres dans la
pénombre jusqu'à ce qu'elles débordent les une sur les autres. Dans certains
magasins, des femmes sont affairées sur de vieilles machines à coudre Singer
qu'elles actionnent avec leurs pieds. Ces reliques d'une époque lointaine en
Europe trouvent ici toute leur utilité.
Pendant toutes ces vacances, j'ai
l'impression de retrouver ici tout ce que nous avons perdu chez nous du fait du
développement et du progrès technique. Evidemment ce charme désuet a des effets
qui ne sont pas tous très positifs, ainsi l'abondance des sacs en plastique de
toutes les couleurs, les hideux fils électriques que l'on trouve partout dans
les rues qui découpent le ciel des villes et des compagnes en milliers de
morceaux, comme dans un puzzle.
Hoi An, c'est aussi
l'omniprésence des arbres et des plantes. Pas une rue sans arbres, pas de
maisons, pas de balcons sans fleurs ni plantes. Et le soir partout des
lampions, des lumières, des guirlandes. On a l'impression que c'est une fête
permanente.
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
Pour les européens que nous
sommes, l'accès à la culture architecturale et picturale chinoise et
vietnamienne n'est pas aisé. Néanmoins nous ne pouvons nous empêcher d'admirer
les différentes pièces exposées dans les maisons et dans les pagodes. Les
photos ci-après en donnent un léger aperçu.
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
Dans cette ville où il fait bon
vivre, nous avons arpenté les rues en long et en large, n'arrivant à nous
rassasier le l'atmosphère toute particulière de cette ville fille d'un très
ancien métissage culturel et dans laquelle, même nous, nous nous sentons un peu
chez nous. Sensation difficile à décrire ! J'avais exactement ressenti les
mêmes impressions lors de mon premier séjour en 2007. Il y a un mystère du
bien-être à Hoi An.
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
Je reviens ici avec un très grand
plaisir. Rien n'a vraiment changé au centre ville, si ce n'est qu'il y a plus
de boutiques, et beaucoup d'entre elles sont certainement plus branchées qu'à
l'époque. L'atmosphère est bien la même. Le soir, la ville est éclairée par des
lanternes chinoises. Il n'y a pas une grande affluence en cette période de
l'année.
Hoi An est vraiment une ville atypique.
Historiquement elle est le fruit d'un formidable brassages de différentes
cultures : cham d'abord, chinoise ensuite, japonaise, puis vietnamienne bien
sûr et maintenant occidentale. C'est un endroit où l'on se sent dépaysé et en
même temps totalement à l'aise. La mixité des cultures produit ici ce quelle a
de plus séduisant.
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
Mais restons lucides, il ne faut
pas non plus chercher à voir derrière les façades ou se promener dans les
quartiers plus éloignés du centre. La vision serait moins idyllique.
Certes, la majorité des boutiques
proposent des objets et des produits exclusivement réservés à une clientèle
touristique. Toutefois la population de la ville n'a pas déserté le centre
ville, il suffit de se rendre au marché ou après des embarcadères, sur le port.
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
Il est maintenant 15h30. Je suis
assis à la terrasse d'un café sur le port. J'observe les passants qui vont et
viennent sur la rue qui longe la rivière, juste au niveau de l'embarcadère. Toutes
les dix minutes environ un bateau chargé de motos et de vélos bien alignés sur
le pont, de marchandises de toute nature et de passagers assis entassés au
milieu de l'embarcation, quitte le port. Quatre hommes s'occupent du bateau,
deux chargent les motos et les marchandises en empruntant une plate forme en
bois posée entre le quai et le bord du bateau; un autre s'occupe du moteur et
des manœuvres à la barre; un quatrième supervise le tout.
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
Assis à mon poste d'observation,
je suis effaré par l'apparence des touristes occidentaux. Ils sont laids, ils
sont gras, débraillés, à moitié nus et ils se comportent comme en pays conquis.
C'est la première fois que je prends conscience du contraste flagrant entre la
sveltesse des vietnamiens et l'aspect pachidermique, rouge violacé, dégoulinant
des cohortes anglo-saxonnes. C'est affligeant !
Bon c'est vrai que nous en
faisons partie. Mais quand on en prend conscience, on a envie de ne fréquenter
que des vietnamiens ou des vietnamiennes, sobres, souples, souriants et
toujours vêtus correctement. Même si certains hommes se raclent la gorge bruyamment,
crachent par terre dans la rue, se mouchent dans leurs doigts ou éternuent
aussi fort qu'un coup de tonnerre. Quant aux femmes, toutes ne sont pas aussi
souriantes, certaines vous bousculent dans la rue sans s'excuser, d'autres
enfin vous témoignent d'un mépris des plus glaçants, notamment lorsque vous
n'achetez pas ce qu'elles vous proposent.
(c) G. Morin - Hoi An - 2013
Dans le café, trois personnes
sont assises : une serveuse, la mère de famille (peut-être) et un jeune homme qui
vient d'arriver; après avoir garé sa moto juste devant les tables du café, il
tente d'engager la conversation en anglais avec moi. Nous échangeons quelques
mots. Quant au père de famille, probablement le gérant du café, il va, il vient…
de temps en temps il sort de son café pour aller taquiner une jeune fille en
appuyant sur le rebord de son chapeau vietnamien, celle-ci lui fait une
remarque gentiment, il fait alors semblant de lui donner une gifle en simulant
un regard méchant, ils se mettent à rire tous les
deux. Devant moi, un chien microscopique semble perdu au milieu de la rue, une
moto manque de l'écraser… quelques touristes observent l'animal d'un air
curieux, ils prennent des photos. L'animal reste planté là dans une totale
indifférence. Se rend-il compte seulement qu'il vient de frôler la mort ?
Quelques instants plus tard il quitte les lieux en se dandinant. Intéressant
non ?
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