Arrivés le 5 avril au soir à Hanoi, nous quittons tôt le lendemain
matin notre hôtel pour nous rendre à la baie d'Ha Long. Un minibus vient nous
chercher, il y a trois autres passagers, je respire car je déteste les voyages en groupe et en particulier avec des groupes importants. Le temps est gris, il
a fait de la tempête dans le Nord la nuit dernière, les bateaux n'ont pas été autorisés à passer la
nuit en mer. Mais on nous apprend que ce soir il ne devrait pas y avoir de
problème, les bateaux pourront jeter l'ancre dans la baie pendant la
nuit. Il faut dire que depuis les naufrages survenus en baie d'Ha Long en
février et en mai 2011, des mesures de sécurité draconiennes ont été prises.
Pour le gouvernement l'enjeu est important, la baie d'Ha Long est le site le
plus visité du Vietnam.
Une route très encombrée et pénible
nous conduit sur jusqu'à un nouveau port touristique, je ne reconnais plus rien. Au lieu du joyeux
foutoir où s'entremêlaient des milliers de bateaux, qu'il fallait rejoindre en
escaladant des passerelles et des ponts, il y a maintenant un bassin ultra-moderne
situé au bout d'une marina déserte d'où partent les bateaux ou les canots qui
permettent aux passagers de rejoindre leur navire. Il parait que le ministre du
Tourisme du gouvernement vietnamien (ou un haut fonctionnaire) parti en voyage
à l'étranger, a constaté que la plupart des bateaux de tourisme étaient de
couleur blanche. La décision a donc été prise de rendre obligatoire à compter
du mois d'avril 2012, la couleur blanche ou acier pour tous les bateaux de
tourisme naviguant dans la baie. Donc finis maintenant les belles coques en
bois surmontées par des voiles. C'est à la fois triste et dommage, car aucun
argument sérieux ne justifiait un tel changement.
Nous prenons place sur notre
bateau, on nous donne la clé de notre cabine, maintenant commence le temps de
l'observation, de la rêverie et de la découverte d'un paysage exceptionnel. Un
absent de marque cependant, le soleil !
Au cœur de la baie, sur une superficie de 1500 km2, 1969 ilots constitués de pitons rocheux en pierre karstique forment un véritable dédale d'une beauté grandiose.
Notre séjour sur le bateau se
passe sans problème, nous nous retrouvons avec des français, ce qui permet de
discuter et d'échanger des points de vue sur le Vietnam. Le soir nous nous
essayons à la pêche au calamar.
(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013
Le lendemain très tôt est organisé sur le pont supérieur un cours de Tai
Shi.
Un peu plus tard nous visiterons une crique magnifique, en canot.
(c) A. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013
(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013
(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013
(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013
Nous avons cependant failli saborder un autre bateau rempli de japonaises qui faisaient hurler de la musique rock dans un lieu aussi magique. Devant le tollé général, elles ont fermé leur engin de malheur, mais elles ont gardé le sourire, tout étonnées de la réaction de notre groupe.
(c) G. Morin - Baie d'Ha Long, avril 2013
Après cet épisode plutôt amusant; qui en dit long sur la culture des peuples, nous regagnons notre bateau.
Précisons que pendant la journée et demie où nous séjournerons sur le bateau, on nous servira nombre de repas très corrects, à tel point qu'on a l'impression que c'est le but premier du voyage.
7 avril 2013 : Retour
de la baie d'Ha Long - Les mystères de la laque
Le retour à Hanoi est toujours aussi fastidieux. Nous
retrouvons les américains du voyage aller. En cours de route nous achetons un
tableau en laque et Anne se fait expliquer comment on crée des tableaux ou des
objets en laque.
- La
première opération consiste à choisir le support de bois ou de bambou.
Puis on
commence par une couche de poudre de terre, mélangée dans la résine de la laque
brute, qu'il faut ensuite laisser sécher.
Le
peintre ajoute alors une couche de poudre de bois, également mélangée avec la
résine noire, et colle une couche de coton très fine sur les deux faces du
panneau. Après le séchage, il faut réaliser encore une dizaine de couches
de laque brute, laisser sécher et poncer chaque couche, pour obtenir enfin un
support lisse et plat.
- Après ce premier travail on laisse bien sécher par
aération naturelle; à noter que la laque à la propriété de sécher et de durcir
dans une atmosphère naturellement chaude et humide (propice donc en climat
tropical humide).
- Ensuite c'est le polissage du panneau, on l'effectue en maintenant celui-ci toujours
mouillé par aspersion continue d’eau tout en le frottant au moyen de papier de
verre et du « nang mùc » (os de seiche). Cette opération est à
répéter jusqu’à ce que le panneau soit poli et brillant. C’est sans aucun doute
le travail le plus.
Le temps est un facteur essentiel dans la réalisation
d'une laque. Il faut en moyenne trois-quatre mois pour terminer un tableau. En
général, les peintres travaillent sur croquis plusieurs laques à la fois et se
font aider par des artisans laqueurs. Paradoxalement, l'humidité est nécessaire
au séchage de la laque.
Pour un tableau
décoré de nacres on effectue sur celui-ci un traçage du périmètre des éléments
décoratifs à apposer par un léger piquetage de la surface du panneau. Après
découpage et ciselure les différents petits éléments de nacre sont appliqués et
collés sur le tableau selon les sujets désirés (personnages, animaux, fleurs…).
Mais on utilise maintenant très souvent à la place de
la nacre des fragments de coquilles d’œufs écrasés. Les petits morceaux sont
appliqués et collés sur le tableau de la même manière que pour les éléments en
nacre
- Ensuite le
tableau est recouvert de trois couches de laque noire en veillant à faire
réapparaître après chaque couche les éléments décoratifs en nacre ; chaque
couche doit être bien sèche avant d’être à nouveau frottée. La décoration du
tableau est ensuite complétée par application de la laque colorée, la
réalisation des dessins pour le fond et le cas échéant par la projection de
poudre d’or. Quand le panneau est sec à nouveau on y étale trois couches finales.
- Enfin arrive
la dernière opération qui consiste à rendre le tableau le plus brillant
possible en utilisant une poudre végétale. On frotte toute la surface du
tableau avec la paume des deux mains nues jusqu’à la brillance souhaitée. On
applique alors une couche de vernis transparent complétant l’illusion du relief
et rendant les décors très brillants.
(D'après
http://www.asie-laque.com/Laque_Vietnamienne.htm)
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