lundi 1 juillet 2013

CARNETS DE VOYAGE AU VIETNAM

26 MARS 2013 - ARRIVEE A HANOI - PREMIERES IMPRESSIONS




(c) G. Morin - Hanoï 2013

A la descente de l'avion, à 7h00 du matin, une bouffée de chaleur humide nous saisit, c'est notre première sensation. Le temps est clair avec un léger rayon de soleil. Très vite nous commençons à transpirer. Les formalités d'accueil sont vite réglées. Une voiture nous attend pour nous conduire à notre hôtel situé dans le vieux quartier d'Hanoï. Pendant tout le trajet nous ouvrons grand les yeux, Anne découvre, moi je m'interroge sur ce qui a changé depuis mon dernier voyage. A l'évidence, la banlieue s'est beaucoup construite et tout le long de la route c'est toujours le même défilé de maison très étroite de toutes les couleurs, mauve, vert, jaune, gris… Plus nous nous rapprochons du centre d'Hanoï, plus le ballet des motos se densifie. Contraste avec mon dernier séjour au Vietnam, tous les motocyclistes portent des casques désormais. Finie la poésie des cheveux au vent des jeunes femmes portant des talons hauts sur leur scooter.

Enfin, après trois bons quarts d'heure de trajet, nous pénétrons dans le monde inextricable du vieux quartier Hoan Kiem d'Hanoï, le quartier des 36 rues. Nous en prenons plein les yeux. Un monde vivant, coloré, dynamique, éclate sous nos yeux, dans un bain permanent de motos, de taxis, de vélos, de pousse-pousse, de piétons portant des charges de toute sorte avec une palanche ou directement sur le dos. Et partout, le bruit assourdissant des klaxons auquel se mêle une forte odeur de pots d'échappement et de produits de toute nature. A tout instant les femmes rangent et nettoient les boutiques pendant que les hommes s'affairent à transporter des marchandises ou à échanger des dongs. Nous parcourons successivement différentes rues spécialisées dans tel ou tel type de commerce jusqu'au fameux lac Hoan Kiem, dont voici la légende.

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LA LEGENDE DE L'EPEE RESTITUEE

Sous le règne des empereurs Ming de Chine, il advint une année une grande famine sur les terres de ce qui est aujourd'hui le Vietnam et qui s'appelait à l'époque le Dai Viêt. Le peuple à bout de souffle se révolta contre les conditions de vie qui lui étaient faites. Le chef de la révolte avait pour nom Lê Loi.
Face à la puissance chinoise, la révolte fit long feu. Mais le dieu des Eaux fut ému par le sort réservé à ce peuple et décida de lui apporter de l'aide.

(c) G. Morin - Hanoi 2007

Un jour qu'il pêchait dans le Lac, Lê Thânh, attrapa dans son filet un objet très lourd. D'abord il crut que c'était un énorme poisson, mais il dut très vite déchanter en découvrant un morceau de fer longiligne. Il le rejeta à l'eau. Mais l'objet se prit à nouveau dans son filet. Une nouvelle fois, il le rejeta à l'eau. L'opération se répéta plusieurs fois jusqu'à ce que Lê Thânh découvrit que le morceau de fer était en réalité une épée, une épée dont il manquait la poignée pour la prendre dans sa main et pour s'en servir comme une arme.

Lê Thânh prit alors l'épée avec lui et la garda dans sa cabane de pêcheur. Un jour, les troupes de Le Loi s'arrêtèrent devant la hutte de Lê Thânh . Les combattants prirent un peu de repos. Mais Lê Loi sut soudain attiré d'une manière irrésistible dans un endroit de la cabane où se trouvait la fameuse épée trouvée par le pêcheur. Il la découvrit et tenta de la prendre dans ses mains. Mais bien sûr il ne put s'en servir, car il manquait la poignée. Il interrogea alors Lê Thânh sur la présence de cette arme dans sa maison. Lê Thânh lui expliqua sa découverte.
Le lendemain matin, Lê Loi repartit avec ses hommes. Dans les mois qui suivirent, il connut plusieurs défaites. Il décida alors de s'isoler et de méditer sur ce qu'il convenait de faire pour poursuivre la lutte contre les Chinois. Il pénétra dans la forêt, marcha et marcha encore, jusqu'à un grand arbre. Là, il leva les yeux et il découvrit en haut des plus hautes branches un objet reflétant le soleil. Il grimpa au dessus de l'arbre, se saisit de l'objet brillant et découvrit qu'il s'agissait d'une poignée d'épée magnifiquement ouvragée.

L'histoire du pêcheur Lê Thânh lui revint alors à l'esprit. Il se précipita alors dans la cabane où se trouvait l'épée et il ajusta la poignée. Celle-ci convenait parfaitement. Dès cet instant, Lê Loi n'eut de cesse d'utiliser cette épée pour combattre et il enchaîna les victoires jusqu'à ce qu'il devint le roi de son peuple.
Plus tard, alors qu'il voguait sur un des lacs de Hanoi, il vit jaillir de l'eau une énorme tortue qui lui demanda de restituer l'épée à son maître le roi des Eaux, (le roi-Dragon, ancêtre mythique du peuple Viet). Lê Loi comprit alors qu'il devait ses victoires à ce roi des Eaux et il mit l'épée dans la bouche de la tortue, celle-ci se retourna et s'enfonça dans les eaux profondes du lac.

Lê Loi fut roi des Viets entre 1428 et 1433, il est le fondateur de la dynastie des Lê. A sa mort, son fils Lê Thanh Tong lui succède.

Le lac s'appelle aujourd'hui Hoan Kiem ce qui signifie : lac de l'Epée Restituée. La légende raconte qu'aujourd'hui encore, on peut en se promenant au bord du lac entrevoir de temps en temps la tête d'une tortue géante à la surface de l'eau.
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Notre hôtel est situé au carrefour entre Hang Gà (la rue des poulets ou des volailles) et Hang Vai. Attention aux confusions ! Malgré les apparences Hang Vai n'est pas la rue des bambous, c'est en fait l'ancienne rue des étoffes. Au départ la rue s'appelait Vai Tham, c'est-à-dire la rue au tissus noirs. Les étoffes vendues dans la rue Vai Tham étaient de petite taille et réalisées sur des métiers à tisser traditionnels par les artisans de Ke Buoi. Pour avoir fabriqué et vendus uniquement des produits locaux, peu de propriétaires des magasins de la rue Vai Tham étaient devenus riches. Beaucoup d’entre eux habitaient dans de vieilles maisons qui ont été rachetées au fils des ans par des marchands plus fortunés.

(c) G. Morin - Hanoi 2013

 

Actuellement, dans Hang Vai il n’existe plus de magasins vendant des étoffes et des tissus traditionnels, mais l’aspect de la rue est presque inchangé par rapport à ce qu'elle était jadis, et c'est ce qui en fait tout son charme. A même le trottoir devant les échoppes sont alignées par centaines d'immenses tiges de bambou. A quoi peuvent-elles bien servir ? Vraisemblablement, le bambou en Asie sert à de multiples usages, mais ici les grandes branches de plus de cinq mètres de haut servent à fabriquer des échelles, à monter des échafaudages qui seront utilisés pour la construction de maisons ou de structures de toute sorte.

Après une première immersion dans le vieux quartier, nous sommes enthousiastes, même si au bout d'un moment la pollution nous prend à la gorge et aux yeux. C'est un monde magique, comme on n'en trouve nulle part ailleurs. Mais une magie qui s'effiloche avec les avancées du soi-disant progrès.

Après quatre heures de l'après midi, la circulation des motos déjà très impressionnante en temps normal, se densifie d'une manière incroyable. Il faut dire que la moto est le moyen le plus pratique pour se déplacer à Hanoï et dans toutes les villes en général. C'est peu encombrant, ça se faufile partout. Le stationnement se fait de manière anarchique, mais sans problème majeur.

(c) G. Morin - Hanoï 2013

Mais pour le piéton, c'est un ballet incessant. pour les occidentaux que nous sommes, traverser la rue est une épreuve, on a l'impression de risquer sa vie à chaque instant. Et pourtant c'est simple. Le principe de base de la conduite au Vietnam est qu'il faut éviter les autres. A partir de là chaque conducteur sait ce qu'il a à faire. Il en va de même des piétons. Il faut tracer son chemin en traversant la rue sans se préoccuper des motos et des voitures. Motos et voitures vous évitent, c'est simple et efficace. En revanche si vous hésitez, si vous attendez qu'une moto ou qu'une voiture vous laisse passer, vous risquez l'accident à tout instant car votre comportement est hésitant et donc imprévisible pour les autres. Personnellement, sauf peut-être la première fois, je n'ai jamais eu aucun problème pour traverser une rue à Hanoï ou à Saïgon. En revanche dans les villes de moindre importance ou dans les villages, circuler à pied est beaucoup plus dangereux car les gens n'ont pas la même discipline qu'à Hanoï. Bref la règle absolue est qu'il faut savoir s'adapter.

(c) G. Morin - Hanoï 2013

Il faut reconnaître toutefois qu'après une heure de marche dans le quartier Hoan Kiem, on fatigue vite, car il faut sans arrêt quitter le trottoir encombré par des tables et des tabourets en plastique, par des motos, par des marchandises et passer sur la chaussée qui elle-même est envahie par des motos et engins de toute sorte, qui vont dans tous les sens. Remonter un sens interdit ou rouler à gauche ne pose pas de problème à Hanoï. On est loin de l'hyper réglementation qui existe chez nous, et c'est aussi bien comme cela. Proportionnellement d'ailleurs nous avons vu très peu d'accidents pendant notre séjour. Et lorsqu'il y a du touche-touche, chacun garde son calme. Seuls les badauds s'étonnent en regardant furtivement et chacun reprend son activité comme si de rien n'était.

Parfois il y a des accidents plus graves. Mais heureusement nous n'en avons pas été témoins.



(c) G. Morin - Hanoï 2013

La question des personnes qui se déplacent en vélo se pose néanmoins. La proportion des bicyclettes par rapport aux motos a considérablement baissé. Aujourd'hui ce sont les plus pauvres et souvent les plus âgés qui empruntent ce moyen de transport.

Il y a cinq ans, lors de mon premier voyage, j'ai l'impression qu'il y avait beaucoup plus de vélos. C'est peut être aussi l'accroissement considérable des motos qui a changé la donne.
A SUIVRE...
 

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