(c) G. Morin - Hanoï 2013
A la descente de l'avion, à 7h00
du matin, une bouffée de chaleur humide nous saisit, c'est notre première
sensation. Le temps est clair avec un léger rayon de soleil. Très vite nous
commençons à transpirer. Les formalités d'accueil sont vite réglées. Une
voiture nous attend pour nous conduire à notre hôtel situé dans le vieux
quartier d'Hanoï. Pendant tout le trajet nous ouvrons grand les yeux, Anne
découvre, moi je m'interroge sur ce qui a changé depuis mon dernier voyage. A
l'évidence, la banlieue s'est beaucoup construite et tout le long de la route
c'est toujours le même défilé de maison très étroite de toutes les couleurs,
mauve, vert, jaune, gris… Plus nous nous rapprochons du centre d'Hanoï, plus le
ballet des motos se densifie. Contraste avec mon dernier séjour au Vietnam,
tous les motocyclistes portent des casques désormais. Finie la poésie des
cheveux au vent des jeunes femmes portant des talons hauts sur leur scooter.
Enfin, après trois bons quarts
d'heure de trajet, nous pénétrons dans le monde inextricable du vieux quartier Hoan Kiem d'Hanoï, le quartier des 36
rues. Nous en prenons plein les yeux. Un monde vivant, coloré, dynamique,
éclate sous nos yeux, dans un bain permanent de motos, de taxis, de vélos, de
pousse-pousse, de piétons portant des charges de toute sorte avec une palanche
ou directement sur le dos. Et partout, le bruit assourdissant des klaxons
auquel se mêle une forte odeur de pots d'échappement et de produits de toute
nature. A tout instant les femmes rangent et nettoient les boutiques pendant
que les hommes s'affairent à transporter des marchandises ou à échanger des
dongs. Nous parcourons successivement différentes rues spécialisées dans tel ou tel type de commerce jusqu'au fameux lac Hoan Kiem, dont voici la légende.
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(c) G. Morin - Hanoi 2007
Lê Loi fut roi des Viets entre 1428 et 1433, il est le fondateur de la dynastie des Lê. A sa mort, son fils Lê Thanh Tong lui succède.
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LA LEGENDE DE L'EPEE RESTITUEE
Sous le règne des empereurs Ming de Chine, il advint
une année une grande famine sur les terres de ce qui est aujourd'hui le Vietnam et qui s'appelait à l'époque le Dai Viêt. Le peuple à bout de souffle se révolta
contre les conditions de vie qui lui étaient faites. Le chef de la révolte
avait pour nom Lê Loi.
Face à la puissance chinoise, la révolte fit long feu.
Mais le dieu des Eaux fut ému par le sort réservé à ce peuple et décida de lui
apporter de l'aide.
Un jour qu'il pêchait dans le Lac, Lê Thânh, attrapa
dans son filet un objet très lourd. D'abord il crut que c'était un énorme
poisson, mais il dut très vite déchanter en découvrant un morceau de fer
longiligne. Il le rejeta à l'eau. Mais l'objet se prit à nouveau dans son
filet. Une nouvelle fois, il le rejeta à l'eau. L'opération se répéta plusieurs
fois jusqu'à ce que Lê Thânh découvrit que le morceau de fer était en réalité
une épée, une épée dont il manquait la poignée pour la prendre dans sa main et pour s'en servir comme une arme.
Lê Thânh prit alors l'épée avec lui et la garda dans sa
cabane de pêcheur. Un jour, les troupes de Le Loi s'arrêtèrent devant la hutte de Lê Thânh
. Les combattants prirent un peu de repos. Mais Lê Loi sut soudain
attiré d'une manière irrésistible dans un endroit de la cabane où se trouvait
la fameuse épée trouvée par le pêcheur. Il la découvrit et tenta de la prendre
dans ses mains. Mais bien sûr il ne put s'en servir, car il manquait la
poignée. Il interrogea alors Lê Thânh sur la présence de cette arme dans sa
maison. Lê Thânh lui expliqua sa découverte.
Le lendemain matin, Lê Loi repartit avec ses hommes.
Dans les mois qui suivirent, il connut plusieurs défaites. Il décida alors de
s'isoler et de méditer sur ce qu'il convenait de faire pour poursuivre la lutte
contre les Chinois. Il pénétra dans la forêt, marcha et marcha encore, jusqu'à
un grand arbre. Là, il leva les yeux et il découvrit en haut des plus hautes
branches un objet reflétant le soleil. Il grimpa au dessus de l'arbre, se
saisit de l'objet brillant et découvrit qu'il s'agissait d'une poignée d'épée magnifiquement ouvragée.
L'histoire du pêcheur Lê Thânh lui revint alors à
l'esprit. Il se précipita alors dans la cabane où se trouvait l'épée et il ajusta
la poignée. Celle-ci convenait parfaitement. Dès cet instant, Lê Loi n'eut de
cesse d'utiliser cette épée pour combattre et il enchaîna les victoires jusqu'à
ce qu'il devint le roi de son peuple.
Plus tard, alors qu'il voguait sur un des lacs de
Hanoi, il vit jaillir de l'eau une énorme tortue qui lui demanda de restituer
l'épée à son maître le roi des Eaux, (le roi-Dragon, ancêtre mythique du peuple Viet). Lê Loi comprit alors qu'il devait ses victoires
à ce roi des Eaux et il mit l'épée dans
la bouche de la tortue, celle-ci se retourna et s'enfonça dans les eaux
profondes du lac.Lê Loi fut roi des Viets entre 1428 et 1433, il est le fondateur de la dynastie des Lê. A sa mort, son fils Lê Thanh Tong lui succède.
Le lac s'appelle aujourd'hui Hoan Kiem ce qui signifie
: lac de l'Epée Restituée. La légende raconte qu'aujourd'hui encore, on peut en
se promenant au bord du lac entrevoir de temps en temps la tête d'une tortue
géante à la surface de l'eau.
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Notre hôtel est situé au
carrefour entre Hang Gà (la rue des poulets ou des volailles) et Hang Vai. Attention
aux confusions ! Malgré les apparences Hang Vai n'est pas la rue des bambous, c'est
en fait l'ancienne rue des étoffes. Au départ la rue s'appelait Vai Tham,
c'est-à-dire la rue au tissus noirs. Les étoffes vendues dans la rue
Vai Tham étaient de petite taille et réalisées sur des métiers à tisser
traditionnels par les artisans de Ke Buoi. Pour avoir fabriqué et vendus
uniquement des produits locaux, peu de propriétaires des magasins de la rue Vai
Tham étaient devenus riches. Beaucoup d’entre eux habitaient dans de vieilles
maisons qui ont été rachetées au fils des ans par des marchands plus fortunés.
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Actuellement, dans Hang Vai il n’existe plus de magasins vendant des étoffes
et des tissus traditionnels, mais l’aspect de la rue est presque inchangé par
rapport à ce qu'elle était jadis, et c'est ce qui en fait tout son charme. A
même le trottoir devant les échoppes sont alignées par centaines d'immenses
tiges de bambou. A quoi peuvent-elles bien servir ? Vraisemblablement, le
bambou en Asie sert à de multiples usages, mais ici les grandes branches de
plus de cinq mètres de haut servent à fabriquer des échelles, à monter des
échafaudages qui seront utilisés pour la construction de maisons ou de
structures de toute sorte.
Après une première immersion dans
le vieux quartier, nous sommes enthousiastes, même si au bout d'un moment la
pollution nous prend à la gorge et aux yeux. C'est un monde magique, comme on
n'en trouve nulle part ailleurs. Mais une magie qui s'effiloche avec les avancées
du soi-disant progrès.
Après quatre heures de l'après
midi, la circulation des motos déjà très impressionnante en temps normal, se
densifie d'une manière incroyable. Il faut dire que la moto est le moyen le
plus pratique pour se déplacer à Hanoï et dans toutes les villes en général.
C'est peu encombrant, ça se faufile partout. Le stationnement se fait de
manière anarchique, mais sans problème majeur.
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Mais pour le piéton, c'est un
ballet incessant. pour les occidentaux que nous sommes, traverser la rue est
une épreuve, on a l'impression de risquer sa vie à chaque instant. Et pourtant
c'est simple. Le principe de base de la conduite au Vietnam est qu'il faut
éviter les autres. A partir de là chaque conducteur sait ce qu'il a à faire. Il
en va de même des piétons. Il faut tracer son chemin en traversant la rue sans
se préoccuper des motos et des voitures. Motos et voitures vous évitent, c'est
simple et efficace. En revanche si vous hésitez, si vous attendez qu'une moto
ou qu'une voiture vous laisse passer, vous risquez l'accident à tout instant
car votre comportement est hésitant et donc imprévisible pour les autres.
Personnellement, sauf peut-être la première fois, je n'ai jamais eu aucun
problème pour traverser une rue à Hanoï ou à Saïgon. En revanche dans les
villes de moindre importance ou dans les villages, circuler à pied est beaucoup
plus dangereux car les gens n'ont pas la même discipline qu'à Hanoï. Bref la
règle absolue est qu'il faut savoir s'adapter.
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Il faut reconnaître toutefois
qu'après une heure de marche dans le quartier Hoan Kiem, on fatigue vite, car
il faut sans arrêt quitter le trottoir encombré par des tables et des tabourets
en plastique, par des motos, par des marchandises et passer sur la chaussée qui
elle-même est envahie par des motos et engins de toute sorte, qui vont dans
tous les sens. Remonter un sens interdit ou rouler à gauche ne pose pas de
problème à Hanoï. On est loin de l'hyper réglementation qui existe chez nous,
et c'est aussi bien comme cela. Proportionnellement d'ailleurs nous avons vu
très peu d'accidents pendant notre séjour. Et lorsqu'il y a du touche-touche,
chacun garde son calme. Seuls les badauds s'étonnent en regardant furtivement
et chacun reprend son activité comme si de rien n'était.
Parfois il y a des accidents plus
graves. Mais heureusement nous n'en avons pas été témoins.
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La question des personnes qui se
déplacent en vélo se pose néanmoins. La proportion des bicyclettes par rapport
aux motos a considérablement baissé. Aujourd'hui ce sont les plus pauvres et
souvent les plus âgés qui empruntent ce moyen de transport.
Il y a cinq ans, lors de mon
premier voyage, j'ai l'impression qu'il y avait beaucoup plus de vélos. C'est
peut être aussi l'accroissement considérable des motos qui a changé la donne.
A SUIVRE...
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