27 mars 2013 - Saïgon : le quartier mythique
Nous arrivons à Tan Son Nhat, l'aéroport de Saïgon (aujourd'hui Ho Chi Minh Ville) vers dix huit heures. Le nom de cet aérogare est resté gravé à jamais dans ma
mémoire, car on le prononçait quotidiennement à la télévision ou à la radio
pendant la dernière guerre du Vietnam.
La nuit commence à tomber. Notre
chauffeur de taxi nous fait faire un grand tour de ville depuis l'aéroport
avant de trouver l'Alcove Library Hotel au fond d'une petite rue calme et
tortueuse. L'hôtel est tout neuf. Il est superbement décoré. Dans le hall
d'entrée une immense bibliothèque pleine de livres monte jusqu'au plafond à 5m
de hauteur. Nous pénétrons dans notre chambre qui est spacieuse, elle est
décorée avec sobriété et élégance. Nous allons repérer le bar-restaurant du 5ème
étage. Belle vue sur Saïgon, le lieu est agréable et convivial.
L'Opéra
Nous décidons de nous immerger
dans la grande ville. Un taxi nous dépose devant l'Opéra, conçu par l'architecte français Félix Ollivier, inauguré en 1901. C'est une réplique du Petit Palais de Paris, dans le plus pur style troisième République. Pendant plusieurs années l'Opéra fut le siège du Parlement du Sud Vieytnam.
D'un seul coup d'œil, je retrouve toutes mes
sensations d'il y a 6 ans.
L'hôtel Continental
Lieu mythique s'il en est, est
toujours là, même s'il a été remis au goût du jour. Construit en 1880 par l'architecte Pierre Cazeau, il a été la propriété du duc de Montpensier, puis de M. Frazetti qui le revendit en 1930 à Mathieu Franchini, c'est ensuite Philippe Franchini qui le dirigea jusqu'à la chute de Saigon. C'est la qu'ont séjourné jadis quelques célébrités de l'époque, Malraux dans les années 20, Lucien Bodard, Jean Lartéguy, Graham Greene...
" Fin des années 40 et début des années 50 sa terrasse surnommée "Radio Catinat" était redevenue le lieu de rendez-vous du tout Saïgon, le centre de toutes les intrigues et de tous les ragots de la ville. Son célèbre restaurant "Le Perroquet" ne désemplissait pas !!
Les clients se considéraient comme chez eux au Continental comme André Malraux dans les années 30 et au début des années 50 le Britannique Graham Greene (un habitué de la chambre 214) auteur du livre " Un Américain bien tranquille " adapté à deux reprises au cinéma en 1958 et en 2002, un livre qui racontait les derniers jours des français en Indochine et le début de la présence des américains dans le futur Vietnam. Graham Greene était suspecté du fait de son appartenance aux services secrets du Royaume-Uni lors du second conflit mondial, il était continuellement surveillé par un agent de renseignement du Vietminh)." http://saigon.vietnam.free.fr/saigon_fr2.php
Les clients se considéraient comme chez eux au Continental comme André Malraux dans les années 30 et au début des années 50 le Britannique Graham Greene (un habitué de la chambre 214) auteur du livre " Un Américain bien tranquille " adapté à deux reprises au cinéma en 1958 et en 2002, un livre qui racontait les derniers jours des français en Indochine et le début de la présence des américains dans le futur Vietnam. Graham Greene était suspecté du fait de son appartenance aux services secrets du Royaume-Uni lors du second conflit mondial, il était continuellement surveillé par un agent de renseignement du Vietminh)." http://saigon.vietnam.free.fr/saigon_fr2.php
(c) G. Morin - Saigon 2013
La façade du Continental a été complètement modifiée depuis mon dernier séjour en 2007. Je préférai l'ancienne ! A vous de juger !
En revanche la fameuse
pâtisserie Givral a complètement changé d'aspect. Son côté "parisien" a totalement disparu pour
faire place à une devanture et à un intérieur de luxe fréquentés par les
nouveaux riches et par la clientèle internationale. Espérons que les pâtisseries
sont toujours aussi délicieuses. Nous nous promenons ensuite dans le quartier de
l'Hotel de Ville et de l'hôtel Rex. Il est presque huit heures.
Une envie subite me prend d'aller
boire un verre au bar du Rex, sur le toit.
L'hôtel Rex
C'est un lieu mythique où tous les
correspondants de guerre, les militaires et les politiques se côtoyaient
pendant la guerre contre les Etats-Unis. Nous nous asseyons à une table en
terrasse. Nous dominons tout le quartier. Toutes les tables sont occupées. Les
serveuses souriantes se déplacent en souplesse. Ma femme m'offre en souvenir un sous verre "Rose Garden". Nous restons là au moins une
heure. Il est 21 heures, la ville s'anime sous nos yeux.
Histoire du Rex
Le bâtiment a été construit en 1927 par l’homme
d’affaires français Mr. Bainier. Il sert d’abord de concessionnaire automobile
et de garage. Il est alors appelé « Auto hall Bainier ». On pouvait y acheter
des Citroën et d’autres grandes marques européennes.
En 1959 Mr et Mme Ung Thi rénovent le bâtiment pour en faire
le Complexe Rex. Le complexe avait trois salles de cinéma, une cafétéria, une
salle de danse et une bibliothèque.
Pendant la guerre du Vietnam le service
d’information américain loue l’hôtel en entier et s’y installe. L’hôtel devient
célèbre pour être l’hôte de la conférence de presse quotidienne du commandement
militaire américain surnommée « The Five O’Clock Follies » (le délire de
17h00) par les journalistes. Ces derniers estimaient l’optimisme de l’état
major américain délirant. Son bar sur le toit était un endroit bien connu des
responsables militaires et des correspondants de guerre.
En 1975, à la fin de la guerre, le Rex devient la propriété
de Saigon Tourist, l’agence de voyage vietnamienne. Il est alors transformé
en hôtel international.
En 2005, 100 vétérans américains se retrouvent sur la terrasse
pour une commémoration.
En 2008, l’hôtel Rex est classé hôtel 5 étoiles.
Aujourd’hui le Rex est un des plus luxueux hôtels de Saigon.
(c) G. Morin - Saigon 2013
Ensuite, nous nous promenons dans
l'ancienne rue Catinat, aujourd'hui Dhuong Koi. Depuis
mon dernier séjour en 2007, le quartier s'est beaucoup modernisé avec des
grands magasins de luxe, des banques et des hôtels. La température est idéale.
Nous prenons un réel plaisir à flâner dans les rues attenantes à l'Opéra.
Nous nous arrêtons pour avaler un
phô à hauteur de l'hôtel Majestic. Ce
n'est pas à proprement parler de la cuisine de rue, mais même dans des
restaurants bon marché cette fameuse soupe vietnamienne laisse échapper des
parfums de coriandre, de cannelle, de badiane, de cardamone et bien d'autres
choses encore…
L'hôtel Majestic
Durant la seconde guerre
mondiale, l’armée japonaise transforma l'hôtel en caserne. Pendant la guerre d'Indochine,
le Majestic accueillit, à l'instar du Continental, des cohortes de
correspondants de guerre. En 1948, il est acheté par la compagnie du Tourisme et
d’Exposition de l’Indochine. En 1951, il est vendu au propriétaire du
Continental, le corse Mathieu Franchini. Le Majestic a été rénové en 2003.
Tout ce quartier central s'est
beaucoup modernisé avec des grands magasins de luxe, des banques et des hôtels.
Le Saïgon du futur commence à
émerger sur le modèle de Singapour, de Hong Kong et de Shanghai. Une immense
tour de plus de 300m de haut domine le centre ville et le port. Commencée en
2006, elle a été inaugurée le 31 octobre 2010. Elle est connue sous le nom de «
tour Bitexco ».
(c) G. Morin - Saigon 2013
De Saigon, nous ne verrons que
peu de choses. Lorsqu'on dispose de trois jours, il faut faire des choix.
Ce qui me surprend , par rapport
à mon dernier voyage, c'est une sorte de volonté des habitants et des autorités
de se situer dans le futur. Il ne semble plus y avoir de place pour le passé,
pour la nostalgie. Sur ce point, le contraste avec Hanoï est évident. Restent
les musées à la gloire du régime. Nous les avons mis à notre programme,
histoire de se replonger dans l'histoire récente.

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