dimanche 21 juillet 2013

CARNETS DE VOYAGE AU VIETNAM - LA MANGROVE DE CAN GIO - 29 MARS 2013

 


(c) G. Morin - Mangrove de Can Gio juillet 2013


Selon le professeur Phan Nguyen Hong, de l'Université de Hanoï : les mangroves forment un écosystème riche et diversifié dont les communautés côtières vietnamiennes du delta du Mékong ont été tributaires pendant des décennies. Les mangroves ont été une source non seulement de nourriture (poissons et crustacés), mais aussi de bois d'œuvre, de charbon de bois et de bois de feu pour les populations locales. De plus, elles fournissent des aliments, un habitat et des terrains de reproduction à de nombreuses espèces marines et à un grand nombre d'animaux terrestres et d'oiseaux.
Durant la guerre, les Vietnamiens du sud se servaient des mangroves comme bases de résistance, de sorte que les forces armées étrangères les ont détruites à coups de bombes, de canons et de produits chimiques (hautes doses d'herbicides et de défoliants). Les principaux herbicides étaient l'«agent orange», l'«agent blanc» (principalement pour détruire les arbres forestiers) et l'«agent bleu», et avaient tous pour but de décimer les forêts. Sur les 291 000 ha que couvraient au total les mangroves du Viet Nam Sud, 106 000 ha ou 36 pour cent ont été pulvérisés au moins une fois.
 Le bois et les autres ressources des zones de mangrove ont été en grande partie perdus. Le sol forestier a été chimiquement modifié par suite de la disparition du couvert végétal qui le protégeait, le pH de l'eau douce insuffisante en saison sèche a baissé, alors que la salinité augmentait sous l'effet d'une évaporation accrue. Privées de la protection qu'offrent les mangroves contre les marées, les vagues et les autres courants aquatiques, de nombreuses côtes et rives des fleuves ont été gravement érodées.
Pendant les premières années qui ont suivi les pulvérisations de défoliants, les poissons, les crustacés, les mollusques et les autres ressources aquatiques ont proliféré car les feuilles des arbres tombés se sont décomposées dans l'eau qui est devenue très nutritive, mais dès qu'il n'y a plus eu de mangroves, toutes ces ressources ont brusquement diminué. Après la destruction de ces forêts par les herbicides, quelques espèces, comme les crocodiles et les tigres, ont disparu. Les singes, les lézards et les oiseaux, qui pullulaient dans les mangroves, ont eux aussi peu à peu diminué pendant la guerre. En plus de ces effets directs, la disparition des mangroves a aussi eu des effets indirects sur les moyens d'existence des populations qui survivaient grâce aux animaux sauvages et à d'autres ressources forestières.
 
 

 

 
 
Après deux heures de route environ, nous nous arrêtons au bord d'une rivière dans un abri plutôt délabré. Nous marchons ensuite quelques minutes sous le soleil en traversant un bout de forêt, jusqu'à un embarcadère où nous attend un bateau à moteur qui nous emmène sur la rivière. Il fait une chaleur torride, environ 37° C, mais le bateau ayant une bonne vitesse, l'air nous rafraîchit un peu. La balade dure presque une heure, les paysages de forêt sur les deux rives, sont exceptionnels.
- Première escale
Nous accostons, après quelques mètres nous reprenons une barque qui nous fait pénétrer dans la mangrove. L'objectif est de contourner une zone envahie par les chauve-souris. Nous entendons bientôt leurs cris caractéristiques. Nous en devinons une, puis deux plus plusieurs suspendues à de grands arbres en plein jour. A cette occasion, nous réalisons que chauve souris en anglais se dit "bat", ce qui fait bien rire les anglais qui sont avec nous.

- Seconde escale

Nous reprenons notre bateau rapide jusqu'à un nouvel embarcadère. Le paysage est dominé par une tour d'observation sur laquelle nous grimpons malgré la chaleur étouffante. De là nous découvrons de superbes vues sur la mangrove. Nous nous rendons ensuite en véhicule électrique jusqu'à une zone protégée où se trouvent des crocodiles. Ils sont d'une grandeur impressionnante. On n'en trouve plus aujourd'hui dans la nature, mais jadis ils étaient omniprésents. Des enfants tendent devant leur gueule des cannes avec des poissons au bout, soudain les crocodiles se lancent à l'attaque et font claquer leur mâchoire d'un bruit sec et terrifiant. Evidemment, il ne reste rien du poisson.


(c) G. Morin - Mangrove de Can Gio juillet 2013


- Troisième escale
 

(c) G. Morin - Mangrove de Can Gio juillet 2013

Nous prenons un "speed-boat" pour aller visiter, au cœur de la mangrove, les abris des commandos vietcongs pendant la guerre, qui ont bien sûr été reconstitués. Au milieu de la forêt, en empruntant des passerelles de bois nous tombons sur un véritable village clandestin avec une salle d'état-major, des entrepôts de munitions et de nourriture, une infirmerie, une cuisine etc. Un monument a été dressé à la gloire des combattants. Certes le côté propagande est un peu agaçant, mais lorsqu'on imagine ce qui s'est passé dans ces lieux avec les bombardements de napalm et d'agent orange, on ne peut que saluer le courage, l'héroïsme, de ceux qui se trouvaient à l'époque. J'imagine qu'il y a eu peu de rescapés.



(c) G. Morin - Mangrove de Can Gio juillet 2013






(c) G. Morin - Mangrove de Can Gio juillet 2013



Le bateau nous ramène sur la rive. De la nous nous rendons sur ce que l'on appelle l'île des singes.

Un singe s'empare d'une des deux tongs qu'un enfant porte à ses pieds. Ce dernier est terrifié, il appelle son père. Rien à faire, le singe mâchouille la chaussure d'un air moqueur. Arrive alors un garde qui lance une bouteille vide au singe. Celui se précipite pour la récupérer en lâchant la tong. Le gamin, toujours en pleurs retrouve sa chaussure.




(c) G. Morin - Mangrove de Can Gio juillet 2013

Bon tout cela n'est pas bien grave et les singes ont bien le droit de d'amuser !
 
 

 
 
 

 

3 commentaires: