(c) G. Morin - Mangrove de Can Gio juillet 2013
Selon le professeur Phan Nguyen Hong, de l'Université de Hanoï : les mangroves forment un écosystème riche et diversifié dont les communautés côtières vietnamiennes du delta du Mékong ont été tributaires pendant des décennies. Les mangroves ont été une source non seulement de nourriture (poissons et crustacés), mais aussi de bois d'œuvre, de charbon de bois et de bois de feu pour les populations locales. De plus, elles fournissent des aliments, un habitat et des terrains de reproduction à de nombreuses espèces marines et à un grand nombre d'animaux terrestres et d'oiseaux.
Durant la guerre, les Vietnamiens du sud se servaient
des mangroves comme bases de résistance, de sorte que les forces armées
étrangères les ont détruites à coups de bombes, de canons et de produits
chimiques (hautes doses d'herbicides et de défoliants). Les principaux
herbicides étaient l'«agent orange», l'«agent blanc» (principalement pour
détruire les arbres forestiers) et l'«agent bleu», et avaient tous pour but de
décimer les forêts. Sur les 291 000 ha que couvraient au total les mangroves du
Viet Nam Sud, 106 000 ha ou 36 pour cent ont été pulvérisés au moins une fois.
Pendant les premières années qui ont suivi les
pulvérisations de défoliants, les poissons, les crustacés, les mollusques et
les autres ressources aquatiques ont proliféré car les feuilles des arbres
tombés se sont décomposées dans l'eau qui est devenue très nutritive, mais dès
qu'il n'y a plus eu de mangroves, toutes ces ressources ont
brusquement diminué. Après la destruction de ces forêts par les herbicides,
quelques espèces, comme les crocodiles et les tigres, ont disparu. Les singes,
les lézards et les oiseaux, qui pullulaient dans les mangroves, ont eux aussi
peu à peu diminué pendant la guerre. En plus de ces effets directs, la
disparition des mangroves a aussi eu des effets indirects sur les moyens
d'existence des populations qui survivaient grâce aux animaux sauvages et à
d'autres ressources forestières.
Après
deux heures de route environ, nous nous arrêtons au bord d'une rivière dans un
abri plutôt délabré. Nous marchons ensuite quelques minutes sous le soleil en
traversant un bout de forêt, jusqu'à un embarcadère où nous attend un bateau à
moteur qui nous emmène sur la rivière. Il fait une chaleur torride, environ 37°
C, mais le bateau ayant une bonne vitesse, l'air nous rafraîchit un peu. La
balade dure presque une heure, les paysages de forêt sur les deux rives, sont
exceptionnels.
- Première escale
Nous accostons, après
quelques mètres nous reprenons une barque qui nous fait pénétrer dans la
mangrove. L'objectif est de contourner une zone envahie par les chauve-souris.
Nous entendons bientôt leurs cris caractéristiques. Nous en devinons une, puis
deux plus plusieurs suspendues à de grands arbres en plein jour. A cette
occasion, nous réalisons que chauve souris en anglais se dit "bat",
ce qui fait bien rire les anglais qui sont avec nous.
- Seconde escale
Nous reprenons notre bateau
rapide jusqu'à un nouvel embarcadère. Le paysage est dominé par une tour
d'observation sur laquelle nous grimpons malgré la chaleur étouffante. De là
nous découvrons de superbes vues sur la mangrove. Nous nous rendons ensuite en
véhicule électrique jusqu'à une zone protégée où se trouvent des crocodiles.
Ils sont d'une grandeur impressionnante. On n'en trouve plus aujourd'hui dans
la nature, mais jadis ils étaient omniprésents. Des enfants tendent devant leur
gueule des cannes avec des poissons au bout, soudain les crocodiles se lancent
à l'attaque et font claquer leur mâchoire d'un bruit sec et terrifiant.
Evidemment, il ne reste rien du poisson.
- Troisième escale
Nous prenons un "speed-boat"
pour aller visiter, au cœur de la mangrove, les abris des commandos vietcongs
pendant la guerre, qui ont bien sûr été reconstitués. Au milieu de la forêt, en
empruntant des passerelles de bois nous tombons sur un véritable village
clandestin avec une salle d'état-major, des entrepôts de munitions et de
nourriture, une infirmerie, une cuisine etc. Un monument a été dressé à la
gloire des combattants. Certes le côté propagande est un peu agaçant, mais
lorsqu'on imagine ce qui s'est passé dans ces lieux avec les bombardements de
napalm et d'agent orange, on ne peut que saluer le courage, l'héroïsme, de ceux
qui se trouvaient à l'époque. J'imagine qu'il y a eu peu de rescapés.
(c) G. Morin - Mangrove de Can Gio juillet 2013
(c) G. Morin - Mangrove de Can Gio juillet 2013
Le bateau nous ramène sur la rive. De la nous nous rendons sur ce que l'on appelle l'île des singes.
Un singe s'empare d'une des
deux tongs qu'un enfant porte à ses pieds. Ce dernier est terrifié, il appelle
son père. Rien à faire, le singe mâchouille la chaussure d'un air moqueur.
Arrive alors un garde qui lance une bouteille vide au singe. Celui se précipite
pour la récupérer en lâchant la tong. Le gamin, toujours en pleurs retrouve sa
chaussure.
(c) G. Morin - Mangrove de Can Gio juillet 2013
(c) G. Morin - Mangrove de Can Gio juillet 2013
Bon tout cela n'est pas bien
grave et les singes ont bien le droit de d'amuser !

Magnifique !
RépondreSupprimerMerci mon cher Pergame, je sais que c'est un pays qui te tient à cœur !
RépondreSupprimerUn très bel endroit.
RépondreSupprimerMerci.